Profession révoltée

Journal d'un kinésithérapeute écoeuré

4. Une vie hors sujet

leave a comment »

Est-il seulement possible de s’imaginer passer toute une vie à côté ?

Il faudra que je poursuive sur les mésaventures ordinales, mais ce serait en faire le centre de toutes les préoccupations quand elles ne sont que l’aboutissement logique d’une sociologie, d’une philosophie professionnelle, ou plutôt de leur absence.

Que n’ai-je été accusé, entre les deux tours de mon diplôme d’Etat, en 1981, par la patronne largement fortunée de cette école taillée sur mesure pour quelques fils et filles à papa (dont je fus à mon corps défendant), d’avoir « la rogne, la grogne et le tracassin », lorsque j’eus le culot d’émettre des doutes sur la validité d’un diplôme onéreux et donné y compris à certains qui s’étaient royalement abstenu de suivre avec assiduité les stages obligatoires !

*

Mais je m’égare. Non, simplement, je cherche à comprendre. Mais comment puis-je comprendre qu’en recevant les informations de cet ordre qu’ils n’ont jamais demandé, la plupart de mes collègues ne lisent rien, signent sans état d’âme, livrent leurs documents d’adhésion en répondant religieusement aux questions y compris sur leur vie privée sans sourciller ?

J’ai si longtemps tourné dans ma tête l’attitude juste à avoir. J’ai si longuement hésité à franchir le pas en refusant d’adhérer à cette chose dont je présentais la nature malheureuse.

Malgré tous mes efforts, rien ne venait en débat entre nous.

Depuis mes engagements syndicaux et politiques alors que je bénéficiais du statut de salarié, et les déboires violents qui en furent le résultat sans que nul dans la profession, ou presque ne souleva le petit doigt, puis ma victoire contre ce que cache le statut libéral comme absence d’éthique et la loi de la jungle qui en découle, je me savais en situation de fragilité sur ce département, ceux qui prônaient le libéralisme débridé et qui allaient entrer au service de l’ordre qu’ils avaient appelé de leurs vœux ne manqueraient pas, au premier faux-pas, de s’en saisir.

Alors, j’ai malgré moi répondu, adhéré, sans savoir qu’en d’autres lieux la contestation prenait corps. Mais j’ai assorti ma déclaration d’une longue lettre dont je vous livre ici la teneur [1].

Bien entendu, cette lettre resta sans réponse. Les règles de confraternité visiblement et dès l’ouverture des hostilités ne pouvait, aux yeux de mes chers confrères ordinaux départementaux, que se limiter aux vœux pieux écrits dans leur code de déontologie.

Patient, j’ai attendu encore quelques mois avant de récidiver, avec copie cette fois au ministère de la santé puisqu’il avait cautionné de sa signature la mise en place de l’ordre et de son code. Vous trouverez en note copie de cette deuxième missive [2].

Et ils sont sortis de leur silence, les bougres, et leur lettre eut une telle saveur que je ne résiste pas à vous en communiquer in extenso la nature.

« L’Escale, le 9 juin 2009

Cher confrère,

Je viens par la présente répondre à votre courrier du 2 mars 2009 et à votre rappel du 2 juin. Vous comprendrez qu’après que vous ayez interpelé toutes les strates de l’instance ordinale, ma réponse ait pris un tel retard, et je vous prie de bien vouloir m’en excuser. L’organisation du conseil de l’ordre a désigné (sauf cas exceptionnels) comme seul interlocuteur des masseurs-kinésithérapeutes inscrits leur CDO, en tant que président du CDOMK04, je vous devais d’avoir au préalable collecté un certain nombre d’éléments afin de pouvoir vous répondre avec suffisamment de précision.

La profession de masseur-kinésithérapeute est réglementée par le code de la santé publique, vient de s’y rattacher le code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes, qui n’est entré en vigueur que le 6 novembre 2008. Ce code de déontologie suscite beaucoup d’interrogations, et les réponses que nous pouvons apporter aujourd’hui pourront être quelque fois confirmées et quelque fois infirmées par la jurisprudence. Une commission de déontologie a été créée au sein du CNO, elle a pour mission de porter quelques précisions sur des points particuliers relevés par les CDO. Vous comprendrez donc que je ne peux aujourd’hui vous répondre que d’une façon générale.

En revanche, dès sa parution au journal officiel de la République, son respect s’impose à tous. L’engagement signé à le respecter pour les masseurs-kinésithérapeutes déjà inscrits, une prestation de serment pour les nouveaux inscrits, représentent un acte symbolique que nous avons souhaité afin de marquer l’entrée en vigueur d’un code de déontologie, qui a été réalisé par la profession et que le conseil constitutionnel a approuvé.

Si j’ai bien compris le sens général de votre questionnement, votre souci semble étrangement être le nôtre : celui de l’action que nous menons au sein du CRO PACA et Corse, qui a été validé par la CNO :

– Montrer à travers une enquête scientifiquement éprouvée : que les masseurs-kinésithérapeutes, à partir d’une formation initiale ont su : inventer, conceptualiser, négocier des protocoles thérapeutiques et pédagogiques incontestables.

– Que logiquement la profession de masseur-kinésithérapeute est aujourd’hui apte à s’auto-évaluer sur des savoir-faire et des savoir-être à partir de référentiels scientifiques règlementaires et expérientiels.

En ce qui concerne la pratique de la méthode Feldenkrais, sera-t-elle autorisée lorsque les textes permettront au CNO de reconnaître telle ou telle qualification (Mézières, …) ? En tout cas je vous encourage, en l’état actuel de la réglementation à vous en tenir aux articles R.4321-5 à R.4321-13 du CSP relatifs aux actes professionnels. Le respect de ces articles vous engage à ne faire figurer à côté de votre titre de Masseur-Kinésithérapeute que des titres réglementés.

Je vous précise que votre profession de masseur-kinésithérapeute vous autorise à exercer :

– A titre de professionnel de santé conventionné

– A titre de professionnel de santé non conventionné.

Chacun de ces modes d’exercice a ses règles, le CDO veillera cependant toujours à ce que l’éthique et l’honneur de la profession soient préservés.
Bien entendu, le CDOMK04 reste à votre disposition et à votre écoute, notre secrétaire administrative est présente à notre siège tel que précisé en bas de page.

Cher confrère, je vous réitère mes excuses pour le retard pris à vous répondre, et vous adresse mes confraternelles salutations.

Patrice Proietti »

Dois-je souligner que cette lettre ne fait que confirmer mes doutes que ce soit par la mauvaise foi évidente dans la justification du retard à répondre que dans son libellé même ?

On y apprend que le Code déontologie est entré en vigueur, sans aucun débat au sein de la profession, le 6 novembre 2008, et que, dès sa parution, il s’impose à tous.

Mais on peut noter que dans le doute d’obtenir un vrai soutien de la profession on exige d’elle un « acte symbolique d’adhésion » à ce texte, en sachant pertinemment que la majorité qui y adhèrera ne l’aura vraisemblablement pas lu.

La seule référence crédible de toute pratique professionnelle aux yeux de l’instance ordinale est et demeure « l’enquête scientifiquement éprouvée», autrement dit, la base statistique et comptable en lieu et place de toutes considérations humaines.

On relèvera le paradoxe qui permettrait à la profession de « s’auto-évaluer », mais seulement « à partir des référentiels scientifiques règlementaires et expérientiels », sans spécifier ni ce qu’ils sont, ni les institutions qui permettraient de faire évoluer ces référentiels afin qu’ils soient d’avantage en conformité avec les besoins professionnels.

Puis, le couperet tombe : sans préjuger de ce moment où le CNO aura pour charge de « reconnaître telle ou telle qualification », le triste sire signataire de la missive m’engage à mettre sous le boisseau ma qualité de praticien Feldenkrais, car en l’état non réglementairement reconnue et de « ne faire figurer à côté de mon titre officiel que les titres réglementés ». Voilà donc qui confirme bien mes craintes, et nous voici devant nos censeurs (senseurs), seuls à tenir entre leurs mains totalitaires, le pouvoir arbitraire de dire ce qu’il est bon ou non de faire dans le cadre de notre métier.

Et histoire d’enfoncer le clou, le même envoie à tous les professionnels du département une lettre circulaire reprenant pour l’essentiel les propos de son courrier de juin, en précisant que « la spécialité n’existe pas de droit », et, qu’en conséquence les praticiens devront supprimer de leur plaque professionnelle tout signalement autre que celui de leur profession d’origine. Il affirme par ailleurs que « notre CDO reçoit de nombreux signalements pour des affichages litigieux » : y aurait-il dans la profession (car quel intérêt auraient nos patients à de telles délations) quelques nostalgiques de l’Etat français mis en exergue dans le préambule du Code de déontologie, et chargés de la basse besogne de dénoncer ceux qui ne respectent pas les mesures autoproclamées d’un ordre dont la « position, aujourd’hui, semble déranger », nécessitant de sa part de se préparer aux offensives judiciaires nécessaires à faire respecter ses propres lois ?

Depuis, il semble que, d’ailleurs la tâche principale de l’ordre fut de poursuivre non systématiquement mais de façon très ciblée, les récalcitrants en traduisant devant les tribunaux, un peu partout en France et comme de vulgaires criminels, des praticiens ayant parfois plus de trente ans d’exercice consciencieux de leur métier.

Serait-ce au nom des « règles d’éthiques » ici et là proclamées, ou pour sauver l’honneur défunt d’une profession menée à sa perte par les syndicats dont la seule préoccupation depuis plus de quinze ans fut d’édifier une institution inutile, sans un regard sur la dégradation permanente et dramatique des conditions de vie et d’exercice de la plupart des praticiens ?

Mais voilà qu’une fois de plus on me dira oiseau de mauvais augure, et que je serai hors sujet ou à côté, comme je l’ai toujours été. Mais, désormais, qu’importe ?

XL

Manosque, 23 octobre 2011

[1] Lettre à l’ordre départemental des kinésithérapeutes, mars 2009 :

 Manosque, le 2 mars 2009

À CDOMK 04

Route de l’Hôte

04160 L’Escale

Copie : ONMK, HAS (Monsieur
Pierre Trudelle)

Messieurs et chers collègues,

Je vous prie de prendre le temps de m’excuser de n’avoir pas renvoyé ma déclaration d’engagement, suite à la publication du code de déontologie de la profession de Kinésithérapeute, plus tôt.

Il me semblait nécessaire, avant de signer un tel engagement, de lire attentivement ce document dans ses détails.

Je tiens à souligner d’entrée la difficulté à comprendre toutes les implications juridiques d’un code qui fait sans cesse référence à des articles L, sans en mentionner ni l’origine, ni permettre aux lecteurs de prendre connaissance de ces textes de référence. Il est vrai que nul n’est censé ignorer la loi, mais sa complexité fait que nous n’avons pas tous, comme livre de chevet, les ouvrages de droit aux quels vous faites référence.

Vous comprendrez aisément ma difficulté à signer un code qui fait référence à la fois à « ma liberté de pratiquer les actes que j’estime appropriés» (Art. R.4321-59), et, d’autre part l’obligation qui m’est faite de m’interdire toute divulgation d’une nouvelle pratique insuffisamment éprouvée (Art. R. 4321-65), de n’assurer que des soins « fondés sur les données actuelles de la science » (Art. R.4321-80), d’élaborer mon «diagnostic » en m’aidant « dans toute la mesure du possible des méthodes scientifiques les mieux adaptées » (Art. R.4321-81).

Vous ne pouvez ignorer que, dans notre champ disciplinaire, très peu de recherche rigoureuses peuvent venir valider nos techniques pour la simple raison que si notre pratique devait relever d’une science, celle-ci ne pourrait être qu’une science humaine, soumise donc à une part d’empirisme. Dois-je vous avouer que cette volonté expresse de s’en référer aux uniques critères scientifiques alors que la science elle-même, dans des domaines qui nous touchent de près telles que les sciences cognitives, les neurosciences, la biologie, etc.… font de plus
en plus état d’incertitudes quant à notre connaissance du vivant. Sans aller jusqu’à accuser de telles formulations de « scientisme », il est quotidien d’observer la fragilité des diagnostics et investigations menées, au nom de ces mêmes dogmes, car inscrits dans leur propre code de déontologie, par nos collègues médecins. A trop en référer à des « méthodes scientifiques » d’investigation, un bon diagnostic se doit d’être étayé par une multitude d’examens onéreux, le simple toucher, ou la subtile connaissance de la personne ne permettant plus à nos collègues la moindre crédibilité.

Vous n’êtes pas sans savoir non plus que les laboratoires de recherche susceptibles de s’intéresser à nos pratiques ne sont pas légions pour une bonne raison : la priorité est donnée à la recherche pharmaceutique.

Signer sans lire et sans vous demander d’éclairage, en la circonstance, serait accepter de vous voir contester ma pratique, qui sort, il est vrai, des sentiers académiques et conventionnels, puisque la plupart de mes « patients » (qui sont pour moi des « élèves ») viennent me voir du fait du bien être qu’eux-mêmes, ou des personnes de leur entourage, ont pu ressentir à ma proposition de ne plus travailler qu’avec, comme outil, la Méthode Feldenkrais d’éducation somatique.

Or cette méthode de travail, éprouvée en de multiples pays par la pratique de son fondateur, Moshé Feldenkrais dont les liens avec Boris Dolto et de Sambucy étaient connus, et des praticiens, kinésithérapeute ou non, ne bénéficie, pour les raisons invoquées plus haut, dans l’espace francophone, d’aucune validation par une quelconque recherche « scientifique ».

Devrai-je, au nom des articles cités ci-dessus, ranger mes huit années d’expérience avec cette méthode au magasin des accessoires, dans l’attente qu’un hypothétique chercheur se penche sur ses qualités ?

Devrai-je m’interdire d’exercer en mon âme et conscience avec une approche qui permet à mes élèves d’apprendre un usage d’eux-mêmes qui les rend capables de se soustraire aux difficultés aux quelles ils sont soumis dans leur exercice professionnel ou environnemental (ce qui serait, par ailleurs conforme à l’article R. 4321-90 de ce même code) ?

Vous comprendrez aisément ma difficulté. Je vous demande expressément donc, de me dire que la Méthode Feldenkrais fait bien partie de l’arsenal disponible pour les kinésithérapeutes, de m’autoriser à en poursuivre la pratique et de me permettre de mettre en place les recherches et publications nécessaires à l’approfondissement des connaissances qu’elle permet de délivrer dans le sens d’une éducation à la santé qui relève, si j’en juge ce même code, de nos missions.

Sans réponse expresse de la part de l’ordre départemental ou national, je devrai me considérer comme mis au ban de notre communauté professionnelle et donc envisager de quitter à la fois le secteur conventionnel et mon titre de kinésithérapeute.

Je tiens à vous signaler que, par soucis éthique, je me sens obligé d’informer mes « patients » de la présente, mon avenir, en ce qui concerne la possible prise en charge de leurs traitements dépendant bien évidemment de votre réponse.

En cas de réponse favorable de votre part, je me plierai alors à l’obligation formulée de vous soumettre tous les documents à visée d’information que je publierai, que ce soit mes articles comme les invitations à participer à des leçons collectives de Prise de Conscience par le Mouvement sous forme hebdomadaire ou de stages…

Je n’alourdirai pas d’avantage ma missive sinon par cette dernière remarque : en l’article R. 4321-98, il est stipulé que « les honoraires du
masseur-kinésithérapeute sont déterminés avec tact et mesure, en tenant compte de la réglementation en vigueur, des actes dispensés ou de circonstances particulières.»
Vous n’êtes pas sans ignorer que notre conventionnement nous interdit toute pratique de dépassement d’honoraire. Pourrez-vous m’expliquer quel tact et quel mesure justifie que l’acte individuel d’une durée de trois quart d’heures à une heure et la pratique intensive d’une kinésithérapie alignant les postes de rééducation soient payés au même tarif de 18,36€ en moyenne, le premier praticien étant condamné de fait à l’indigence de sa condition, le second pouvant se permettre vacances et sorties du fait du nombre d’actes multipliés ?

Je vous remercie des lumières que vous apporterez à mes observations. Il va de soi qu’une non réponse ne me permettant plus d’exercer dans les conditions actuelles, je me préparerai aux changements d’orientation que votre ordre m’aura imposé.

Dans l’attente, je vous prie d’agréer, Mesdames et Messieurs, chers collègues, l’expression de mes plus respectueuses salutations.

Xavier Lainé

Kinésithérapeute DE 1981

Praticien certifié de la Méthode
Feldenkrais.

[2] Seconde lettre au CDOMK, juin 2009

Manosque, le 2 juin 2009

À CDOMK 04

Route de l’Hôte

04160 L’Escale

Copie : ORMK, ONMK, Madame la Ministre de la santé

Messieurs et chers collègues,

Avez-vous bien reçu ma lettre du 2 mars dernier? L’auriez-vous égarée? Me faudra-t-il vous en envoyer un exemplaire par courrier recommandé pour que vous preniez acte que mes propos ici ne sont pas de simple circonstance, ne sont pas divagation d’un esprit en peine?

Dérogeriez-vous à l’article R.4321-99 qui stipule : « Les masseurs-kinésithérapeutes entretiennent entre eux des rapports de bonne confraternité» ?

En application d’un tel article que j’ai été contraint d’approuver, je vous réclame une réponse.

Afin de vous faciliter la tâche et de vous éviter de fastidieuses recherches dans les arcanes de vos archives, je vous rappelle les termes de mon précédent courrier : (je reprenais ici l’intégralité de mon courrier précédent).

Depuis, chaque instance de votre ordre me harcèle pour répondre à un questionnaire pseudo scientifique tendant à nous prouver que «l’honneur» (sic) de la profession passerait par la manière dont les uns ou les autres nous traiterions les lombalgies, les problèmes respiratoires et autres pathologies…

Invité le 23 janvier à Paris, à animer un atelier de présentation de la Méthode Feldenkrais (par ailleurs abordée dans les post-formations proposées à Bois-Larris), aux journées de la Société Française de Kinésithérapie, j’ai cru pouvoir espérer que la dimension humaine de notre travail, qui ne se limite pas à traiter des dos douloureux ou des poumons encombrés, mais à s’occuper de personnes en souffrances, serait encore d’actualité.

Je découvre avec effarement, dans le journal de l’ONMK, que cette société, sous les applaudissements, s’est aujourd’hui transformée en « Société française de physiothérapie », avec la bénédiction de notre ordre, si prompt à défendre « l’honneur » (resic) de la profession…

L’honneur ne se défend pas, Messieurs, il est, ou il n’est pas. On ne peut organiser les choses sous l’unique angle des poursuites judiciaires, contre les pratiquants du massage de bien être, contre les confrères récalcitrants à adhérer à votre institution, sans que l’honneur de la profession ne soit, déjà, remis en question. Nous sommes un certain nombre à penser que votre présence était inutile et ne ferait qu’ajouter un échelon administratif de plus à notre pratique qui n’en avait nullement besoin. Le déroulement des choses vient nous conforter dans cette opinion…

Comment, en effet, pourrez-vous m’expliquer que j’ai pu travailler 28 ans dans ce métier sans avoir d’autre démarche gratuite à faire que m’inscrire à la DDASS de mon département, et qu’aujourd’hui, pour faire le même métier, il me faille débourser, chaque année, 280€ auprès d’un organisme dont le glissement progressif vers un appauvrissement de notre travail, réduit à la physiothérapie, est patent…

L’honneur de la profession passerait-il par la mise aux oubliettes de tous ceux, nombreux, qui osent encore croire en ce métier, et ont une pratique individualisée (quasiment non rémunérée), tels les méziéristes, praticiens Feldenkrais et autres spécialités dont la ressource humaine est notoire?

Le jour où vous ne serez plus que l’ordre des physiothérapeutes, comment justifierez-vous notre présence dans vos rangs? Par un honneur qui oublie sans état d’âme et livre à leur triste sort une frange non négligeable de praticiens?

Ou par la seule lucrativité de notre présence, ce qui serait contraire à l’article R.4321-67 de notre code de déontologie « La masso-kinésithérapie ne doit pas être pratiquée comme un commerce… »?

Je demande à Madame la Ministre de la santé, qui recevra copie de ce courrier, de prendre les mesures nécessaires à faire cesser le trouble occasionné à la profession par un ordre désuet et inutile.

Bien entendu, je n’aurai pas les moyens de poursuivre ma démarche, y compris sous les formes judiciaires qui devraient s’imposer devant un tel comportement. Je rappellerai simplement que la « confraternité » en vogue dans vos rangs nous laissait la possibilité de payer notre cotisation en six mensualités. Mes finances étant fort peu reluisantes, j’ai demandé cette facilité. Quelle ne fut pas ma surprise de voir arriver trois  prélèvements successifs de ma cotisation, sans tenir compte de l’étalement demandé : vous parlez d’honneur et de confraternité?

Et comme ma précédente lettre est restée sans suite, qu’il semble qu’il vous faille l’épreuve de force pour sortir de votre triste réserve, je décide de
rendre publique celle-ci, sur mon blog (www.conscience-en-mouvement.com, à l’époque, aujourd’hui : https://professionrevoltee.wordpress.com/), en l’envoyant à la presse locale et en la diffusant de telle sorte qu’elle puisse avoir la plus grande audience possible…

En espérant que cette publicité sur la vraie nature de votre institution vous fera sortir de votre pesant silence…

Xavier Lainé

Kinésithérapeute DE 1981

Praticien certifié de
la Méthode Feldenkrais.

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Written by professionrevoltee

octobre 24, 2011 à 4:10

Publié dans Uncategorized

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